site mis à jour le mercredi 04 août 2010
textes de Christian Léonard extraits "d'ombre, de silence, de pierre et d'eau" Collection permanences poétiques Bruxelles
textes de Philippe Vallet non édités à ce jour.....
Aux arènes souterraines j'irai combattre la mort je cueillerai mon visage dans l'eau limpide des gours
Aux arènes souterraines je mettrais l'indifférence à mort je poserai mes regards de victoire sur le tabernacle enfin conquis alors j'oublierai ma soif
Aux arènes souterraines j'aurais voulu que tu sois là il faut partager ses joies.
Christian Léonard
je marche fragile Au cœur de la terre, une trace pour guide, marquant de mon talon la douce argile.
Plus loin, l'odeur de pierre me transporte plus loin, en avant. vers la fin le retour. un geste accompli ouvre un pas nouveau, avec précaution tire le fil, débobine le sang. Le seuil du labyrinthe s'ouvre à tes mains. Fragments de lumières offerts au monde des ténèbres. Je réveille les cercles du vent ici, endormis. Je remonte le temps sculpté dans le roc.
Ici, les nuages et le ciel se gravent aux clefs des voûtes endormies. Je fais raisonner l'écho où se rencontrent la source et la pluie.
14.02.2000
Longues plaintes qui se brise dans nos mains qui semble se figer sous nos yeux nous cachant leur vie intense jeux d'orgues renversés cierges de pierre nuit dont les étoiles seraient tombées sur le sol en de ruisselantes rivières gours aux franges fragiles.
Je suis l'eau de ma vie. Dans le noir surgit le blanc.
Poussée du roc, éphémère, tombe dans le vide, la goutte construit la saison, élabore colonnes, nappes et oriflammes, dans l' éternel gouffre de la terre mère.
En pays de roc blanc, la montagne lentement se transforme en oubli, s'en retournant à l'intérieur, se retrouvant en dedans.
L'eau tourmente ses entrailles. L'eau s'accomplit du blanc au gris, du banc aux sédiments, du noir au clair, du sourd au bruyant, du charbon au cristal, magique, explose au sommet exalte ses étoiles, sans bruit, dans le silence de sa nuit.
Oubli pour exister, oubli pour transformer, oubli pour reconstruire, différent.
Accumule les infimes débris cueillis au quotidien, au fond de ta mer, prépare, les sommets que tu graviras.
14. juillet 2000 Montrond le Château
Aux église romanes tu ravis la courbe aux élans des cathédrales tu traces la route aux lustres étincelants tu prends la splendeur aux âmes errantes tu forges un cœur neuf aux êtres qui n'ont rien tu donnes la force d'un silence total aux poètes enfin tu donnes la ferveur de te dire.
Corde raide, Fil blanc, attache au soleil. Horizontal ou vertical ?
La fatigue de milliers de mouvements, me hisse vers là-haut , ou peut-être vers là-bas! D'un pied rageur j'enfonce le noir, cherchant une marche pour m'élever. Suspendu aux impressions, je suis tourbillons de lumière. Je virevolte comme luciole dans la nuit.
Plus d'image, juste un trait. J'oublie et ne vois que mes mains, d'elles dépendent ma survie!
Tissé dans la nuit des temps quels sont les fils qui nous relient?
En équilibre j'oublie le haut, j'oublie le bas, identiques, ils portent l'espoir, d'un horizon tendu qui me guide à la lumière.
17.juillet.2000
Dans le gouffre qui tout emporte il nous faut plus qu'une espérance morte un jaillissement d'eau du bleu quelque chose qui porte qui nous emmène vers d'autres cieux là où gisent, vivants, les dieux d'une autre époque.
Il m'a fallu dresser la tente pour des bivouacs sans lune et le chant de la pierre résonnait par les voûtes goutte à goutte.
Sur l'échelle métallique je me suis infiltré, visiteur enserré dans la faille profonde guettant l'air qui nourrit. Je poursuis comme l'enfant, l'inattendu à ravir, novice, je me décape. Exister.
La caverne est mon gîte où j'invente le voyage. Poursuivre un vide ?
Un liquide dessine à mes prunelles l'immortelle arcade. S'effacer, pour ne pas être englouti, rester fidèle à l'effort, parfois aveugle, il éclaire, un appel, le feu du ciel où vieillir.
Visiteur étranger mes lumières pillent les ténèbres abandonnées. Face au boyau, à l'ombre se coucher, de son impatience trouver le pas, le pas d'une danse avec le temps, le temps long qui dévore.
Dans le puits je suis tombé, glissant avec le sourire sur une corde raide, entraîné, le fracas du vide projette mes espoirs, disparition.
Je me livre comme l'oiseau au vent, présences silencieuses, prisonnières de l'immuable écorce. Elle hérite de notre histoire.
Laisse ralentir, laisse s'entrouvrir l'idée du départ, récolte l'abandon total qui s'offre à toi, quand pour le premier jour, vierge, la terre te confie ses secrets.
14.01.2001
Mythe des orphéens modernes offert aux conquêtes de mes frères nous nous sommes promis de suivre les chemins du miracle espérance d'équipées prochaines sous la voûte figée où mènes-tu nos pas univers sans soleil ton royaume est sans mesure entrevu, à peine identifiée ressuscite ton histoire ravie aux pages d'un livre millénaire atrophié par la vie trop courte ignorants sont les hommes qui passent sans te voir navire plein d'or.
Premier pas, quitter la surface pour entrer dans l'au-delà du jour, fermer les yeux sur un soleil, lumière de vie, guider son empreinte sur les sentiers de l'eau, au sein de la terre sans nom, sans ombre, sans fond.
Premier pas, vers l'oubli, la nuit éternelle où plus rien ne paraît, tu es seul, étincelle de clarté. Poursuis pour le nommer, l'inconnu, te dépasser et t'enfoncer au sein d'une obscurité, elle te guide.
Premier pas, ferme les yeux, au pays de l'onde joyeuse, elle use, abuse de l'ordre surgi des abîmes, se creuse une trace, un nid aux failles du temps, elle vide le plein, conduit vers la source, l'espoir des nuages, prolonge le cycle de vie des racines.
Premiers pas, marquent l'argile définitivement, Souillent un silence écrit dans le roc, ouvrent le regard secret sur l'envers du mystère, secouent une peau trop portée.
Oublie ton sac présent retrouve tes yeux d'enfant, refais les premiers pas, découvre un monde ardent, ouvre ton espace aux sources, imagine d'autres temps, crois possible le retour.
Montrond le Château 10 juillet 2000