poésies
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site mis à jour le mercredi 24 juin 2015

textes de Christian Léonard
extraits "d'ombre, de silence, de pierre et d'eau"
Collection permanences poétiques
Bruxelles

textes de Philippe Vallet
non édités à ce jour.....

 

Aux arènes souterraines
j'irai combattre la mort
je cueillerai mon visage
dans l'eau limpide des gours

Aux arènes souterraines
je mettrais l'indifférence à mort
je poserai mes regards de victoire
sur le tabernacle enfin conquis
alors j'oublierai ma soif

Aux arènes souterraines
j'aurais voulu que tu sois là
il faut partager ses joies.
 

                                       Christian Léonard

 

Sous les arcades de la nuit
les cris de la vie ne rugissent plus.

je marche fragile
Au cœur de la terre,
une trace pour guide,
marquant de mon talon la douce argile.

Plus loin, l'odeur de pierre me transporte
plus loin, en avant.
vers la fin
le retour.
un geste accompli ouvre un pas nouveau,
avec précaution tire le fil, débobine le sang.
Le seuil du labyrinthe s'ouvre à  tes mains.
Fragments de lumières offerts au monde des ténèbres.
Je réveille les cercles du vent
ici, endormis.
Je remonte le temps sculpté dans le roc.

Ici, les nuages et le ciel
se gravent aux clefs des voûtes endormies.
Je fais raisonner l'écho où se rencontrent la source et la pluie.

14.02.2000

 

 

Longues plaintes
qui se brise dans nos mains
qui semble se figer sous nos yeux
nous cachant leur vie intense
 jeux d'orgues renversés
 cierges de pierre
nuit dont les étoiles seraient tombées sur le sol
en de ruisselantes rivières
gours aux franges fragiles.

                                  Christian Léonard

 

Je suis l'eau de ma vie.
Dans le noir surgit le blanc.

Poussée du roc, éphémère, tombe dans le vide,
la goutte construit la saison,
élabore colonnes, nappes et oriflammes,
dans l' éternel gouffre de la terre mère.

En pays de roc blanc, la montagne lentement
se transforme en oubli,
s'en retournant à l'intérieur,
se retrouvant en dedans.

L'eau tourmente ses entrailles.
L'eau s'accomplit
du blanc au gris,
du banc aux sédiments,
du noir au clair,
du sourd au bruyant,
du charbon au cristal,
magique, explose au sommet
exalte ses étoiles,
sans bruit,
dans le silence de sa nuit.

Oubli pour exister,
oubli pour transformer,
oubli pour reconstruire, différent.

Accumule les infimes débris cueillis au quotidien,
au fond de ta mer,
prépare,
les sommets que  tu graviras.

14. juillet 2000
Montrond le Château

 

 

Aux église romanes
tu ravis la courbe
aux élans des cathédrales
tu traces la route
aux lustres étincelants
tu prends la splendeur
aux âmes errantes
tu forges un cœur neuf
aux êtres qui n'ont rien
tu donnes la force d'un silence total
aux poètes enfin tu donnes la ferveur
de te dire.

                                       Christian Léonard

 

Corde raide,
Fil blanc, attache au soleil.
Horizontal ou vertical ?

La fatigue de milliers  de mouvements,
me hisse vers là-haut , ou peut-être vers là-bas!
D'un pied rageur j'enfonce le noir,
cherchant une marche pour m'élever.
Suspendu aux impressions,
je suis tourbillons de lumière.
Je virevolte comme luciole dans la nuit.

Plus d'image, juste un trait.
J'oublie et ne vois que mes mains,
d'elles dépendent ma survie!

Tissé dans la nuit des temps
quels sont les fils qui nous relient?

En équilibre j'oublie le haut, j'oublie le bas,
identiques,
ils portent l'espoir,
d'un horizon tendu qui me guide à la lumière.

17.juillet.2000

 

 

Dans le gouffre qui tout emporte
il nous faut
plus qu'une espérance morte
un jaillissement d'eau
du bleu
quelque chose qui porte
qui nous emmène vers d'autres cieux
là où gisent, vivants, les dieux
d'une autre époque.
 

                              Christian Léonard

 

 

 

 

 

Il m'a fallu dresser la tente
pour des bivouacs sans lune
et le chant de la pierre
résonnait par les voûtes
goutte à goutte.


                            Christian Léonard

 

Sur l'échelle métallique je me suis infiltré,
visiteur enserré dans la faille profonde
guettant l'air qui nourrit.
Je poursuis comme l'enfant, l'inattendu à ravir,
novice, je me décape.
Exister.

La caverne est mon gîte où j'invente le voyage.
Poursuivre un vide ?

Un liquide dessine à mes prunelles
l'immortelle arcade.
S'effacer, pour ne pas être englouti,
rester fidèle à l'effort,
parfois aveugle, il éclaire, un appel,
le feu du ciel où vieillir.

Visiteur étranger
mes lumières pillent les ténèbres abandonnées.
Face au boyau,
à l'ombre se coucher,
de son impatience trouver le pas,
le pas d'une danse avec le temps,
le temps long qui dévore.

Dans le puits je suis tombé,
glissant avec le sourire
sur une corde raide, entraîné,
le fracas du vide projette mes espoirs,
disparition.

Je me livre comme l'oiseau au vent,
présences silencieuses,
prisonnières de l'immuable écorce.
Elle hérite de notre histoire.

Laisse ralentir,
laisse s'entrouvrir l'idée du départ,
récolte l'abandon total qui s'offre à toi,
quand pour le premier jour,
vierge, la terre te confie ses secrets.
 

14.01.2001

 

 

Mythe des orphéens modernes
offert aux conquêtes de mes frères
nous nous sommes promis
de suivre les chemins du miracle
espérance d'équipées prochaines
sous la voûte figée
où mènes-tu nos pas
univers sans soleil
ton royaume est sans mesure
entrevu, à peine identifiée
ressuscite ton histoire
ravie aux pages d'un livre millénaire
atrophié par la vie trop courte
ignorants sont les hommes qui passent sans te voir
navire plein d'or.
 

                                               Christian Léonard

 

Premier pas,
quitter la surface pour entrer dans l'au-delà du jour,
fermer les yeux sur un soleil, lumière de vie,
guider son empreinte sur les sentiers de l'eau,
au sein de la terre sans nom, sans ombre, sans fond.

Premier pas,
vers l'oubli, la  nuit éternelle
où plus rien ne paraît,
tu es seul,  étincelle de clarté.
Poursuis pour le nommer, l'inconnu,
te dépasser et t'enfoncer
au sein d'une obscurité, elle te guide.

Premier pas,
ferme les yeux, au pays de l'onde joyeuse,
elle use, abuse de l'ordre surgi des abîmes,
se creuse une trace, un nid aux failles du temps,
elle vide le plein, conduit vers la source, l'espoir des nuages,
prolonge le cycle de vie des racines.

Premiers pas,
marquent l'argile définitivement,
Souillent un silence écrit dans le roc,
ouvrent le regard secret sur l'envers du mystère,
secouent une peau trop portée.

Oublie ton sac présent
retrouve tes yeux d'enfant,
refais les premiers pas,
découvre un monde ardent,
ouvre ton espace aux sources,
imagine d'autres temps,
crois possible le retour.

Montrond le Château
10 juillet 2000